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Fenêtre sur noir
Tout reste à faire…
La fenêtre a vue sur nuit.
Épaisse, la nuit. Disparue, la montagne. Couchées les cigales.
Pourtant le rideau est levé.
Mais les ombres ne veulent plus apparaître.
Malgré tout elles sont là.
Du bas du noir un bruit monte.
Non, monte pas : il est.
L’eau.
L’eau sur les galets.
Elle frotte. Elle racle. Elle rogne.
Courageuse, insatiable.
L’eau pâle transparaît, se montre en se cachant, franchit les rapides.
Combat sans conscience, sans âme, sans état.
C’est comme ça : elle doit.
Alors elle fait.
Elle fait tout. Donne la vie. Donne la mort. Nourrit. Noie. Sculpte. Reflète. Renvoie.
Libérée du barrage, là haut, elle est heureuse.
Alors elle chante.
Elle chante. Elle chante.
Lancinant son refrain. Envoûtant. Encore.
Demain le jour reviendra, dans longtemps. Elle sera toujours là.
La même en étant autre.
Rassurante. Présente. Continue.
Inlassable musique. Tu viens du noir. Du noir, sans fin.
Je t'accueille, tu m'embarques.
Jusqu’où peut-être.
Ton noir m'appelle.
Pierre-Sauveur B. Avène Juillet 2026