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Chaud
Ciel trop clair pour l’heure.Comme un filtre posé sur le monde.
Sentir les odeurs avant de comprendre.
Du sec, du chaud, de la poussière.
Un fond de brûlé, sans certitude.
Laisser le vent tiède passer, qui transporte quelque chose d’indéfinissable.
Regarder la montagne, silencieuse, massive, presque immobile et observer la forêt.
Le feuillage remue doucement. Tout doucement. Trop doucement.
Ecouter les bruits : rivière, oiseaux, feuilles, cigales.
Tout est diffus, ouaté, sourd peut-être.
Impression d’encerclement, sans mouvement réel, comme sous cloche, et l’espace autour qui rétrécit.
Rester seul, accompagner mes pensées.
Regarder la vie, sa fragilité absurde.
Ne pas oublier la mort, une possibilité lointaine autrefois, de plus en plus voisine.
Plus tout à fait abstraite, peut-être là, tapie.
Et malgré tout, ressentir une étrange fascination.
Pour cette tension invisible.
Pour ce moment suspendu.
Pour ce flou à observer.
L’abstrait.
Pourtant tout le corps sait : quelque chose peut basculer d'un instant à l’autre rendant la mémoire visible dans le silence des sons.
Entendre des bruits vaporeux. Attendre. surveiller, anticiper, frémir.
Sentir en apnée l’inquiétude s’installer, lente, sournoise.
Enfin.
Pierre-Sauveur, Avène, juin 2026